






« Il y a des pays où l'homme n'est pas libre de s'exprimer. Bahman Ghobadi, cinéaste iranien, est bien placé pour le savoir. En Iran, de nombreux genres musicaux provenant de l'Occident sont interdits par les autorités: c'est le cas notamment de l'Indie rock, apparu à la fin des années 70, dont les groupes « Franz Ferdinand », « Arctic Monkeys » ou encore « The Killers» sont aujourd'hui les vedettes.
Dans « Les chats persans », Bahman Ghobadi dépeint cette réalité bien difficile à travers deux jeunes musiciens amateurs de rock, Negar et Ashkan, « obligés de se cacher pour jouer de la musique ». Le réalisateur nous mène avec ses protagonistes dans les sous-sols de Téhéran à la rencontre de jeunes adultes ne demandant qu'à pouvoir exercer leur passion librement, tentant de faire comprendre à qui veut l'entendre qu'ils « ne font rien de mal, juste de la musique ». Les textes de leurs compositions, s'adressant majoritairement à l'Etat iranien, l'expriment avec justesse.
Fuir? C'est donc la solution qu'envisagent les musiciens, qui existent véritablement - Bahman Ghobadi les a rencontrés dans un studio d'enregistrement alors qu'il s'essayait clandestinement à la musique. Cela est toutefois difficile, impossible même.
Bahman Ghobadi a pris de grands risques pour montrer la situation dans laquelle se trouve de nombreux artistes en Iran. En effet, celui-ci n'a pas reçu d'autorisation pour tourner « Les chats persans » et l'a donc fait en cachette. Il en est d'ailleurs convaincu: son film sera censuré en Iran. Qu'espérez? Qu'il soit, s'il ne peut pas l'être là-bas, vu ici et ailleurs. Qu'il permette, un tant soit peu, de faire avancer les choses... Et, qui sait, de permettre un jour à cette situation de changer. »