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Affiche Film Lovely Bones

Lovely Bones

Poster - Film Lovely Bones
Sorti le 17 Février 2010 · Drame
Réalisé par Peter Jackson
Avec Susan Sarandon, Stanley Tucci, Rachel Weisz, Mark Wahlberg et Thomas McCarthy.
« Susie Salmon, assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973, observe depuis le ciel avec tendresse et ironie ceux qui restent et se déchirent autour de sa mort : son meurtrier et le policier chargé de l'enquête, sa mère qui fuit au loin ou son père anéanti, sa soeur chérie qui découvre l'amour ou encore l'adolescent avec qui Susie n'a pu qu'échanger un premier baiser... »

"Mets-y le paquet, sinon on va pas reconnaître que ce film est de moi !"


Critique par Mathieu Poget – Cinema.ch

« Entre film policier, drame familial et méditation sur la vie après la mort, le dernier film de Peter Jackson, produit par son ami Steven Spielberg, étonne d'abord par le ton réaliste de l'histoire qu'il propose de raconter. Fini les hobbits ou les singes géants, et place à l'histoire d'une jeune fille, de son assassinat et de sa famille qui cherche à accepter sa mort et à continuer à vivre alors qu'elle a disparu sans laisser de traces. Ainsi, on ne saura jamais trop de ce qu'il s'est réellement passé, mais peu importe, l'horreur se lit sur les visages et l'imagination fait toute seule son travail pour qu'on se représente le pire.

Ainsi, cette histoire d'une petite famille dans une banlieue américaine des années soixante-dix déroute un peu pour un réalisateur qui a maintenant pris l'habitude de se cacher derrière des effets spéciaux à foison (ce qui n'était pas forcément le cas au début de sa carrière lorsqu'on pense à Créatures Célestes). Mais Peter Jackson s'en sort d'ailleurs plutôt bien: le récit n'est pas linéaire, les évènements s'enchaînent bien les uns avec les autres, la réalisation est propre sans fausses notes, le rythme est bon. Quant aux acteurs, Stanley Tucci incarne avec beaucoup de justesse l'apparemment ordinaire Mr Harvey, l'assassin. Il réussit à lui donner une tension intérieure tout à fait remarquable grâce à des tics et des changements d'expression subtiles et rapides, et un maquillage important ( dont on regrette tout de même un peu la moustache, très "accessoire indispensable" pour représenter le pédophile). Saoirse Ronan, avec son petit air à Julie Depardieu, est également surprenante et son interprétation de Susie, la jeune fille assassinée, s'avère une des plus grandes surprises de ce film pour cette actrice encore peu connue et à la filmographie mince (qui compte notamment Reviens-moi de Joe Wright).

Mais alors, où le bât blesse-t-il donc? Outre, sur la fin, quelques incohérences scénaristiques et ellipses malvenues qui s'en être graves empêchent de rester tout à fait dans l'histoire, c'est surtout les séquences de l'entre-deux-mondes qui font baisser la qualité générale du film. Le vrai intérêt de cette histoire repose en effet en ce que Susie, tout au long de l'histoire, assiste, depuis le ciel, à la vie que mènent ses proches et voit comment son meurtre a bouleversé leur existence. Or cet Au-delà n'est pas vraiment le paradis, mais une sorte d'entre-deux-mondes justement, qui est censé refléter la personne et être à son image. Il s'agit au fond d'une sorte de retraite spirituelle et émotionnelle avant d'accepter sa mort et d'aller « plus loin ». On reconnaît ainsi tout d'abord à Peter Jackson d'avoir conçu un Au-delà déconnecté des conceptions religieuses de la vie après la mort et de l'imagerie céleste. On y montre plutôt la vie intérieure de Susie, les fruits de son imagination, ses sentiments et tout une série de choses imperceptibles qui s'organisent en un univers proche d'un rêve. Ce qui donne ainsi lieu à un monde aussi étrange que réconfortant, aussi sublime que sombre et triste. Grâce à un travail sonore et visuel certaines de ces séquences sont certes impressionnantes, mais manquent en revanche complètement de profondeur, de mesure et de sobriété. On appréciera certainement les qualités techniques, mais visuellement tout cela manque complètement de cohérence, d'homogénéité et d'originalité, de telle sorte qu'on s'en lasse et s'en écœure rapidement.

Ainsi, malgré son sens reconnu pour le drame et les personnages, mais aussi pour sa maitrise des univers fantastiques et merveilleux, Peter Jackson semble avoir ici raté son coup en équilibrant mal l'un et l'autre. C'est au fond comme si emporté irrésistiblement par son enthousiasme et sa soif de travail, il s'est soudainement retrouvé au montage avec une histoire terriblement réaliste, a pris peur, s'est tourné vers son directeur de la 3D et des effets spéciaux et lui a dit: « Vas-y, mets le paquet, sinon on va pas reconnaître que ce film est de moi! ». Résultat? Un mélange intéressant et singulier entre fantastique et thriller dramatique, mais rattrapé par ces univers oniriques furieusement kitschs et cette histoire pleine de longueurs qui tarde à se développer. Un film qui divisera assurément son public. »

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